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La musique japonaise pop-rock des années 1990 à nos jours
J-POP ou J-ROCK que se cache derrière ces termes ?

Asiexpo, juste avant le 1er LYON J-MUSIC FESTIVAL qui réunira cinq groupes japonais ou japonisants le 31 mai 2008 au CCO de Villeurbanne, explore une nouvelle facette de la culture japonaise


La musique japonaise, répertoriée de manière générale sous le nom de “J MUSIC”, ne cesse de prendre de l’ampleur en France (et ailleurs), surtout ces derniers temps avec l’apparition de concerts réguliers sur Paris, de revues spécialisées grand public, ...
Liée dans un premier temps à l’apparition et l’essor de l’animation japonaise, c’est maintenant au tour de la production globale de franchir nos frontières et de susciter un intérêt grandissant.
Cependant, cette production est tellement gargantuesque que nous n’en voyons qu’une infime parcelle, le marché du disque japonais étant reconnu comme le plus dense au monde (avec les USA), c’est pourquoi nous allons vous présenter les deux principaux genres (aussi bien au Japon que ce qui arrive en France ) que sont la “J-POP” (pop japonaise) et le “J-ROCK” (rock japonais).





LA J-POP DES ANNEES 1990 à 2000

La pop est au Japon le genre musical prédominant (qu’elle soit du pays ou non) et les Japonais ont toujours su mélanger leurs divers goûts et influences, avec un sens très marqué de la mélodie.

Le Japon étant le pays de toutes les démesures (le BEATLES SHOP de Harajuku, célèbre quartier touristique situé près de Shinjuku, est connu mondialement et est un lieu de pèlerinage pour tout fan des Fab Four) et reconnu comme un pays de mélomanes (au vu de son marché et de la multitude des styles existant), la musique japonaise proprement dite (c’est-à-dire les gens qui la composent, des Japonais donc) a réussi à s’imposer en son propre sein, à générer de vraies pop-stars, qui vendent au Japon uniquement souvent plus de disques qu’un artiste connu dans l’Europe entière. Des pop-stars en accord avec leur temps, modèles exutoires pour des milliers de jeunes en recherche constante de nouveaux modèles, véritables fashionistas déplaçant des stades entiers.

Car oui, au Japon, la pop est représentée en majeure partie par la gent féminine, bien qu’il y ait évidemment des exemples masculins célèbres, comme MR CHILDREN, SPITZ ou encore YUZU. Mais les exemples les plus marquants, les noms et records à retenir sont dus aux jpop-girls. Belles, chantant plus ou moins bien mais ayant toutes (pour celles qui durent du moins) ce petit quelque chose qui les différenciera de l’énorme masse de la production musicale japonaise.

Musicalement parlant, l’originalité n’est globalement pas la priorité et certaines chanteuses ou groupes peuvent tenir toute une carrière sans jamais changer d’un iota leur style musical (ZARD en est un bon exemple, groupe à ritournelles pop douces-amères, un des plus gros vendeurs des années 90). D’autres, que l’opportunisme musical n’étouffe pas, n’hésitent jamais à saisir le style musical du moment quitte à changer complètement de registre (un peu à la manière d’une MADONNA), citons Amuro Namie, Ayumi Hamasaki.

La J-POP commerciale moderne est apparue pendant le boom économique des années 80 au Japon, avec des idoles célèbres comme MATSUDA Seiko ou KUDO Shizuka, véritables monuments encore en course (pour Shizuka Kudo) et figures inoubliables de ces années économiques fastes.
Mais ce sont véritablement dans les années 90 qu’émergent des noms qui vont se greffer dans les hits parades (et les oreilles) jusqu'à nos jours et que nous allons approfondir ici, tels que Amuro Namie, Hamasaki Ayumi ou encore Utada Hikaru, et qui seront chacune à leurs manières des phénomènes de sociétés. Ce sont ces demoiselles qui vont établir tous les records de la J-POP des années 90.


Namie Amuro est la chanteuse de tous les records.
Elle commence sa carrière à l’âge de 15 ans au sein des “SUPERMONKEYS”, groupe de cinq jolies jeunes filles, à l’intérêt musical proportionnel à la puissance de son nom. Bref, de la soupe technoïde à la mode au milieu des 90’s au Japon qui ne laissera aucun souvenir impérissable.
Mais Namie se démarque déjà très vite de ses collègues, pour devenir la meneuse lors du deuxième album du groupe “Namie Amuro with SUPERMONKEYS”, avant de partir en solo en 1996 avec le single “Body Feels Exit” sous la houlette de Komuro Tetsuya le célébrissime producteur, ex-leader du groupe TM NETWORK (groupe pop-rock innovant et phare des années 80) qui écrit des tubes et déniche les talents comme d’autres respirent. Il est responsable de gigantesques succès commerciaux tels que GLOBE, TRF, Suzuki Ami, pour les plus marquants des années 90.
Dès lors, c’est le raz de marée. Namie est partout, enchaîne les hymnes (“Chase the chance”, “A walk in the park”…) et déchaîne les passions, l’idole naturellement bronzée d’Okinawa devient un phénomène de société : magazines à son nom, hordes de fans dans tout le Japon qui passent leur temps sous UV et miment ses moindres faits et gestes en se teignant les cheveux comme ceux de la star (les SHIAPATSU)…
Avec la sortie de son album “SWEET 19 BLUES” en 1997, elle explose le record détenu par PEARL JAM en écoulant 1 million de copies la semaine de sa sortie ! Un sans faute pour la reine des kogalus de Shibuya. Une surexposition médiatique qui prendra fin en 1999, lorsque Namie aura son premier enfant (avec SAM du groupe TRF, autre succès de Komuro), avant de repartir dans les années 2000 en se tournant sans scrupules vers le hip hop (genre très apprécié au Japon) et s’autoproclamant “queen of hip hop”, qui sera aussi le nom de son dernier album. A l’heure actuelle, elle est toujours une très grosse vendeuse et chacun de ses singles sera à coup sûr classé dans les cinq premiers de l’“Oricon Chart”, le fameux TOP 50 japonais.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : DANCE TRACKS (1996), SWEET 19 BLUES (1997), 181920 - GREATEST HITS (2000).


Hamasaki Ayumi, elle, n’a pas connu le même départ en fanfare, mais plutôt une carrière qui est allée crescendo.
Révélée en 1998 par une audition (le AVEX – A new voice for 98) de la maison de disque AVEX TRACKS comme il y en a des centaines chaque année au Japon, ayu-chan (son surnom) a un réel don pour la composition et les mélodies. Elle joue du piano depuis toute petite, écrit ses textes, bref une artiste complète. Sa voix en irrite certains, disons qu’elle est assez aiguë, un problème auquel elle a en partie remédiée depuis.
C’est le single “LOVE – DESTINY”, en 1998, produit par TSUNKU du groupe SHARAN Q (et autre producteur célèbre) qui va propulser sa carrière : il restera dans les classements pendant plusieurs mois et fera les beaux jours des karaokés. Dès lors, Ayu ne quittera plus les charts.
Elle est ce qu’on appelle une artiste à singles. Ses rythmes de sorties incroyables, déjà élevés pour le Japon (donc inconcevables pour notre marché), ne vont cesser de s’amplifier. En moyenne, de 1999 à 2005, Ayu sort environ - entre ses singles, albums, compilations, cd de remixes (les AYU MIX et autres YU TRANCE déclinés dans toutes les versions possibles et (non) imaginables) et ses diverses collaborations - dix à quinze cd par an, trustant littéralement le marché, du jamais vu. Et le pire c’est que plus elle en sort plus ça marche, et la qualité reste - globalement - présente ! Elle est partout : dans tous les magazines de musique, de mode (elle est une véritable fashion addict et change de look tous les deux mois), dans la pub, sur toutes les chaînes de tv et omniprésente à Shibuya sur tous les panneaux du quartier… On peut s’habiller, manger, payer AYU (elle a sorti une carte de crédit à son nom). Bref elle est la démesure japonaise incarnée.
En perte de vitesse ces dernières années, elle a été la poule aux œufs d’or de AVEX depuis ses débuts, et cette omniprésence médiatique forcenée a fini par lasser. Néanmoins, elle continue de bien vendre, et tout le monde au Japon connaît ses nombreux tubes (“LOVE”, “VOGUE”, “H”, …).

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : au vu de sa discographie absolument gigantesque, les disques à retenir sont les suivants : A SONG FOR xx (1999), DUTY (2000), I AM (2002), A BEST (2003), MY STORY (2004).


Utada Hikaru, surnommée Ikki-chan par ses fans, est le dernier prodige des 90’s.
Baignant dans la musique depuis son plus jeune âge, pratiquant le piano entre autres instruments, la jeune Ikki est ce que l’on pourrait appeler une surdouée, un vrai petit prodige de la pop.
A 17 ans, en 1998, elle sort son premier single “AUTOMATIC” qui devient rapidement un succès commercial. La musique de Ikki est à son image : rythmée, moderne, lyrique et en phase avec son époque. Elle est immédiatement propulsée nouvel espoir pop (au sens large) et séduit aussi bien les jeunes que les parents. Ikki est belle, elle chante bien et explore plusieurs styles musicaux, elle est surtout sans artifices et à ses débuts, c’est un peu la jeune Japonaise typique, la petite amie dont les garçons rêvent et la meilleure amie de toutes les lycéennes.
La sortie de son premier album “FIRST LOVE” en 1999 la consacre hit de l’année, avec la semaine de sa sortie plus de deux millions de copies, avant de se voir recompenser par de multiples récompenses lors du JAPAN GOLD DISC AWARD annuel de 1999 : Meilleur album, Meilleur single avec “FIRST LOVE”, Meilleure vente de l’année, Plus longue présence dans les classements… Un succès incontesté.
Aujourd’hui elle poursuit sa carrière avec brio, et un très haut niveau de qualité pour de la pop “commerciale” et des textes toujours aussi soignés (qu’elle écrit en grande partie elle-même). Même si elle a tenté une carrière américaine qui s’est soldée par un relatif échec en 2004, son dernier single, “KEEP TRYIN’” est resté plus d’un mois en tête des classements et continue son parcours en suscitant l’admiration de beaucoup.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : FIRST LOVE (1999), DISTANCE (2001), ULTRA BLUE (2006).


Bien sûr, nous n’avons vu ici qu’un aperçu microscopique des noms inoubliables des années 90 : nous pouvons aussi citer GLOBE (pop à tendance électronique, menée par KOMURO Tetsuya), ZARD (pop classique et très lyrique, parmi les plus gros vendeurs des années 90), et quelques autres.

Nous ne pouvons pas oublier non plus SPEED, girls-band débarquée en 1996, dont les cinq jeunes membres furent recrutés par audition, avec leur 1er album “RIZE” en 1997 qui fut un raz de marée colossal et foudroyant, une météorite pop qui explosa les charts. Une sorte de réponse au succès international des SPICE GIRLS de l’époque, les provocations et le côté rebelles en moins (on est au Japon quand même).
Le temps de quatre albums (en trois ans d’existence), elles laisseront un souvenir indélébile aux amateurs de pop, “STARTING OVER” (1997), “RISE” (1998), “MOMENT” (1998), “CARRY ON MY WAY” (1999) avant de partir en poussière d’étoiles avec l’arrivée du nouveau millénaire.
Elles se reformeront en 2003 pour un album caritatif “BRIDGE”, qui n’atteindra pas les sommets de leur premier succès “STARTING OVER”. SPEED était l’incarnation des années 90 et un grand espoir pop, malheureusement tellement commercial qu’elles ne pouvaient être qu’éphémères. Les quatre membres ont toutes tenté une carrière solo, et mis à part Hiro qui a connu un succès d’estime, aucune n’a réussi à s’imposer durablement.






LA J-POP DES ANNEES 2000 à NOS JOURS

A partir des années 2000, la pop s’émancipe et laisse aussi de ses parts de marché à d’autres styles qui ont de plus en plus d’adeptes : hip hop, r’n’b, électro,… De nouvelles tendances apparaissent, musicales, vestimentaires et donc de nouvelles égéries, même si les meneuses de l’ancienne génération citées précédemment, entre autres, arrivent à se renouveler et à rester dans la course aux charts.

Dès la fin des années des années 90, tout début des années 2000, de nouvelles figures se détachent et la pop commerciale va être révolutionnée (enfin dans la forme, pas dans le fond qui reste très classique) : les MORNING MUSUME, groupe de cinq jeunes filles somme toute très classique, font leur apparition.
Produites par TSUNKU (ex-chanteur du groupe pop-rock SHARAN Q très connu dans les années 90, ils avaient interprété le générique de fin de l’anime “D N A 2”) qui souhaite assurer ses arrières depuis l’arrêt de son groupe fétiche, les “MOMUSU” (surnom officiel) attirent assez vite de nombreux adeptes. Dans le groupe d’origine, des noms désormais connus sont présents : Goto Mahki, Abe Natsumi, Nakazawa Yuko.
Mais le concept du groupe est l’évolution : de cinq membres, le groupe va passer à sept, huit, neuf puis douze. Avec le temps, cela devient un véritable troupeau où chacun saura trouver sa petite préférée. En plus d’enchaîner les tubes (“DAITE HOLD ON ME ! ”, “FURUSATO”, “LOVE MACHINE”, “KOI NO DANCE SITE”, “HAPPY SUMMER WEDDING”, ...), on les voit partout et chaque départ de membres (raisons scolaires, divergences musicales, surpris avec leur petit ami ce qui est très mal vu au Japon pour une pop-star) précède l’arrivée d’une nouvelle mouture du groupe, ce qui évidemment entretient le potentiel commercial.
Malheureusement, d’un son pop rock sympathique des débuts, elles ont au fil des ans viré au grand n’importe quoi musical, avec des titres de plus en plus dénués d’intérêt et des membres de plus en plus jeunes… Certaines comme Mahki Goto sont devenues de véritables stars, mais rares sont celles qui ont su bien gérer l’après MOMUSU. Sans compter les multiples unités, sous-divisions des MOMUSU, qui forment des petits groupes saisonniers afin de décupler les ventes. Citons les “COUNTRY MUSUME”, “PETIT MONI”, … mais aucun de ces groupes ne rencontre de grand succès commercial comme les MOMUSU au complet.
Néanmoins, elles continuent de nos jours même si leur activité a beaucoup diminué : elles commencent à passer de mode, le système japonais étant cruel et impitoyable.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : FIRST MORNING (1999), SECOND MORNING (2000), THIRD MORNING – PARADISE (2001).



LE J-ROCK DES ANNEES 1990 à 2000

Le rock au Japon a toujours eu un très gros public, et nombre d’artistes internationaux ont là-bas un public transi et fidèle, ce qui explique les nombreuses sorties d’albums ou EP “Japan only”, uniquement destinés au marché national.
Le rock japonais s’inspire beaucoup de l’univers pop, au niveau des mélodies, mais il y a aussi de dignes représentants du rock à guitare viril avec un côté flamboyant toujours marqué. Deux groupes mythiques sont à retenir et n’auront pas dépassé les années 90, frères ennemis qui resteront gravés dans les mémoires à jamais, posant toutes les bases qui vont influencer les générations à venir : X JAPAN et LUNA SEA.
X JAPAN étant déjà traité dans la partie "VISUAL KEI" (Rock visuel) d’un autre article à venir, nous nous attarderons ici sur l’autre groupe phare de cette période : LUNA SEA.


Les LUNA SEA ont commencé à la fin des années 80, avec leur premier album éponyme “LUNA SEA”. Groupe de cinq membres issus de la même scène que X JAPAN, ils étaient, tout comme eux, très axés look visuel au début pour ensuite se tourner vers un style plus fédérateur (aussi bien au niveau de leur look que musicalement).
Très souvent comparés à leur “grand frère”, leur musique est néanmoins différente, moins heavy et plus rock sur la longueur. Mélangeant à la perfection les influences internationales avec leur sensibilité japonaise propre, ils sont considérés par beaucoup comme le groupe de rock japonais ultime, et ont écrit quelques-uns des titres les plus marquants du genre (“ROSIER”, “DESIRE”, “TONIGHT”, ...)
Pendant la durée d’existence du groupe, tous les membres, comme pour X, ont tenté des carrières solos et diverses collaborations qui ont pour la plupart bien fonctionné, le chanteur Ryuichi Kawamura étant celui qui avait le mieux vendu en solo.
Malheureusement, les problèmes d’ego ont eu raison du groupe, et à l’aube de l’an 2000, LUNA SEA, un des derniers pionniers du genre (les autres encore en activité se comptent sur les doigts d’une main) se sépare en donnant un très beau concert d’adieu au Tokyo Dome devant 50 000 personnes, le “FINAL ACT”. Ils ont, avec X, façonné toute la scène rock des années 90 et comme X, ils sont au Japon considérés comme étant à la base de tout ce qui se fera ensuite.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : IMAGE (1992), EDEN (1993), MOTHER (1993), STYLE (1996), SINGLES HISTORY (1997).


Un autre grand groupe, toujours en activité de nos jours et avec un nom français tellement kawaii (mignon) : L’ARC EN CIEL.
A ses débuts en 1993 avec l’album DUNE, ce groupe de cinq membres se situe à mi-chemin entre le groupe de rock classique et le groupe pop, avec un look très travaillé qu’ils abandonneront sitôt passés professionnels (en 1994). En somme, LARUKU (surnom du groupe) c’est de la pop avec un son et un esprit rock. Menés par leur charismatique leader HYDE (à ne pas confondre avec HIDE de X JAPAN), L’ARC enchaîne les tubes tout au long des années 90, et ce jusqu’à nos jours. Doté d’un sens de la mélodie hors pair, HYDE, qui écrit la majorité des titres, sait avec son groupe explorer de multiples recherches musicales, avec une nette préférence pour les perles pop qui exaltent les sentiments et font chavirer les cœurs (“FLOWER”, “BLURRY EYES”, “KAZE NI KIENAIDE”, “THE 4th AVENUE CAFE”, …).
Mis à part une petite mauvaise passe en 1996 où leur terrible batteur, Sakura, s’est fait arrêter en possession de drogues (ce qui est très grave au Japon) ce qui a eu pour effet de faire retirer tous leurs cd du commerce pour une durée de deux mois, le groupe n’a jamais connu que le succès (ils ont sorti, en 1999, deux albums distincts, “ARK” et “RAY” le même jour !), et HYDE poursuit de nos jours, en plus de LARUKU, une carrière solo plutôt orientée métal couronnée de succès. Il joue également dans des dramas (feuilletons japonais), pose pour de nombreuses photographes (il est considéré comme un sex-symbol absolu au Japon, au même titre que GACKT et KEN HIRAI) comme la majorité des vedettes de la chanson.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : TIERRA (1994), HEAVENLY (1995), TRUE (1996), ARK et RAY (1999), THE BEST OF L’ARC EN CIEL (2000).


Parmi les “dinosaures” des années 90 qui ont su traverser le temps avec succès et qui sont toujours en activité, nous ne pouvons que rendre hommage aux groupes cultes que sont B’Z (parmi les plus gros vendeurs de l’histoire du J-ROCK), GLAY (très gros vendeurs également, surtout dans les années 90), PENNICILIN,… la liste est longue.




LE J-ROCK DES ANNEES 2000 à NOS JOURS

A L’aube du millenium, le rock lui aussi évolue, et les grands groupes de rock de la décennie précédente ont pour la plupart disparu. Dorénavant, excepté pour le “VISUAL KEI” que nous verrons après, les noms à retenir sont plutôt féminins, un savant mélange de douceur et de talent mélodique lié à un esprit rock avec toutes guitares dehors (ANNA TSUCHIYA, NANASE AIKAWA, OLIVIA).

Commençons dans les immanquables par la plus excentrique : RINGO SHIINA.
Elle débute sa carrière à la toute fin des années 90 et se fait immédiatement remarquer. Avec la sortie de son premier album “MUZAI MORATORIUM”, elle reçoit des critiques élogieuses de toutes parts et envahit les classements. A mi-chemin entre la pop commerciale et indépendante, sa musique et son style sont immédiatement reconnaissables, ce qui est rare au Japon.
Elle est admirée par des gens très différents, de DIR EN GREY à YUKI de JUDY & MARY, tout le monde adore son côté iconoclaste et décalé, un peu (beaucoup) dérangé aussi. Sur scène, elle n’hésite pas à apparaître à moitié nue, entourée de bandelettes tachées de sang, pour vous donner une idée… Bien loin de la petite idole pop japonaise bien sage quoi.
Sa carrière solo sous son nom est assez courte, bien que ses hits soient nombreux (“HONNOH”, “KOKO DE KISS SHITE”, “SHINJUKU”, …) puisqu’elle ne va sortir que trois albums (dont deux absolument indispensables à tout amateur de pop japonaise indépendante) et lance en 2005 son nouveau projet musical, sous la forme d’un groupe : TOKYO JIHEN (JIHEN signifiant accident).
Avec ce nouveau concept, Ringo Shiina s’éloigne de ce qu’elle faisait auparavant, tout en gardant le même esprit. Doté d’un groupe très impressionnant et d’un duo de guitaristes démentiel, on a affaire ici à du rock tendance pop TRES grande classe. C’est une nouvelle fois le triomphe et leur deuxième album “ADULT”, sorti début 2006 est couronné d’un succès absolu : Meilleure vente pendant plus d’un mois, critiques unanimes, un chef-d’œuvre qui ne laisse augurer que du meilleur pour la suite de sa (jeune) carrière.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : MUZAI MORATORIUM (2000), SHOJO STRIP (2001) pour sa carrière sous son propre nom ; ADULT pour son groupe TOKYO JIHEN.


Le playboy de ses dames, celui que tout condamnait au début de sa carrière et qui a fini, par son talent et sa persévérance par être un des plus gros vendeurs du Japon, un des plus idolâtrés aussi : GACKT.
La réaction typique d'une personne de sexe féminin entendant le nom de GACKT est généralement un cri suraigu proche de l’ultrason, suivi de pleurs/évanouissements. Oui, GACKT est beau, c'est le moins que l’on puisse dire, mais il est surtout très doué. Il pratique le violon et le piano depuis tout petit, écrit quasiment tous ses textes ainsi que les musiques. Fin mélomane, il a ce point en commun avec MANA, leader et créateur du plus grand groupe de rock visuel des années 90, MALICE MIZER, le groupe dans lequel il a commencé en tant que chanteur.
Malheureusement (ou heureusement) pour GACKT, les problèmes d’égo l’ont poussé à quitter le groupe et à se lancer dans une carrière solo avec un nom emprunté à la littérature française : MIZERABLE. A l’époque, tout le monde pense que GACKT est fou de quitter un groupe en pleine ascension comme MALICE MIZER, et peu de gens croyaient à un succès solo.
Il a eu raison, et si les ventes de MIZERABLE ne sont pas phénoménales, les critiques du disque sont très enthousiastes et honorifiques. Le vrai succès commercial viendra avec son premier album “MARS” en 2000, et ne le quittera plus. Tous ses singles sont immanquablement dans les meilleures ventes, et ses albums premiers des classements. Au Japon, il est aussi connu que ZIDANE en France, pour avoir une idée. Certaines de ses chansons sont de réels tubes, et sa chanson de Noël “ju-ni gatsu no love song” sera déclinée en mandarin, et pékinois, puisqu'il est également très connu et populaire en Asie (il a quand même servi de modèle au design du héros de “FFVII: Advent Children!! ”). Il a aussi tourné dans un film avec l’autre idole des japonaises, HYDE de L'Arc en Ciel, intitulé “MOONCHILD” (taux de présence féminine dans les salles de cinéma proche de 99.9%, les autres s'étant perdues).
Musicalement, il oscille entre le vrai jrock à l’ancienne (guitares meurtrières, mélodies imparables) et la pop très haut niveau. Auteur/compositeur/interprète (bonjour les droits d'auteurs) de la majorité de ses titres, chaque livraison musicale de sir GACKT est toujours de grande qualité, et depuis son dernier cd “DIABOLOS” et ses dernières collaborations (Z-GUNDAM, FINAL FANTASY), il se redirige vers un son plus rock mais toujours très mélodique. Etant encore assez jeune, Gackt a encore une longue carrière devant lui. Ah oui, dernière petite chose : il adore la France, et souhaite y venir en concert très prochainement...

DISCOGRAPHIE SELECTIVE : MIZERABLE (1999), MARS (2000), MOON (2002), CRESCENT (2003), DIABOLOS (2005).


Enfin, même si nous n'avons pas la place de développer davantage ici, n'oublions pas, dans les représentants modernes Tsuchiya Anna (interprète récemment du générique de début de l’anime de NANA), Nanase Aikawa (qui après plus de 10 ans de carrière s'est complètement tournée vers le rock, avec pour partenaires scéniques les ex guitaristes de MEGADEATH Martin Friedman et Shinya, ex LUNA SEA entre autres), la petite OLIVIA (elle aussi interprète pour l’anime de NANA, son dernier album “THE LOST LOLI” est tout simplement phénoménal, surtout au vu de son jeune âge), ... la liste est longue, la nouvelle génération arrive et apporte des idées, sans pour autant mettre l’ancienne au placard... et le J-ROCK a encore de belles et longues heures devant lui.

Le complément à cette scène déjà exponentielle est en fait son évolution “gothique” et basée, comme son nom l’indique sur les apparats visuels et l'androgynie affirmée : le VISUAL KEI, que nous évoquerons dans un prochain article, ici même.
Auteur
Romain Bellon
Date
25/05/2008