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Tokyo & l'Animation japonaise à Paris
En février 2008, le Palais des Congrès de Paris accueillait la ville de Tokyo et plusieurs studios d’animation pour qu’ils présentent leurs œuvres. Le programme fut assez éclectique, entre titres pour enfants ou expérimentaux pour adultes, nouveautés inédites ou valeurs sûres, il y en avait pour tous les goûts. Surtout que tous n’étaient pas dans notre langue : sous titres français ou anglais, doublage anglais voire carrément pour un en version 100% japonaise. Il fallait parfois s’investir un peu pour comprendre ce qui était diffusé. Regardons d’un peu plus près ce fameux programme :



SOS! Tokyo Metro Explorers (Bandai Visual)
Un écolier, Ryuhei, trouve dans les affaires de son père un plan des sous-sols de Tokyo. Il décide de partir en exploration avec ses amis et son petit frère. Ils vont découvrir un monde souterrain insoupçonné.
Adapté d’une œuvre de Katsuhiro Otomo (Akira), cet anime est d’une superbe technique et même s’il met en scène des enfants, il aborde des thèmes adultes : exclusion, fanatisme, société de consommation, la critique se veut assez acerbe et est bien mise en scène. Une sympathique aventure.

Love Roller Coaster (Think Corporation)
John a perdu sa mère très jeune. Alors qu’approche son dixième anniversaire, son grand-père lui donne une lettre de cette dernière. Elle lui apprend qu’elle lui a laissé un cadeau caché quelque part et qu’il doit le retrouver. John part alors à la recherche de la “fusée” avec ses amis.
Réalisé tout en images de synthèse, cet anime dégage une grande fraîcheur avec son univers coloré, ses personnages pittoresques et son scénario original. Bien que destiné aux plus jeunes, cette œuvre est accessible à toute la famille.

Ganime “Maihime” (Toei Animation)
Un jeune fonctionnaire japonais part à Berlin pour une mission au consulat. Sur place, il rencontre une belle danseuse dont il tombe amoureux. Mais un jour, on lui demande de rentrer au pays…
Ceux qui suivent le festival Asiexpo connaissent déjà les fameux Ganime, des œuvres animées originales dont le style se veut très différent des productions habituelles. Il s’agit ici de dessins de type crayonné en couleur enchaînés pour former un tout. Adaptation d’un roman du 19e siècle de Mori Ogai, c’est une œuvre touchante et sensible, d’une grande fraîcheur.



Moonlight Mile épisode 8 (Studio Hibari)
Une équipe d’astronautes quitte une station spatiale pour porter secours à une navette en perdition. La situation est néanmoins critique et les chances de réussite très faibles.
Adaptation du manga de Yasuo Ôtagaki, cet anime mélangeant images de synthèse 3D et 2D met parfaitement en valeur le dépassement de soi et la liberté qui caractérisent les personnages principaux. Au-delà de l’enjeu mondial du projet dont ils font partie et malgré les rivalités, ils gardent confiance et font tout pour rester eux-mêmes. Une œuvre de science fiction adulte et profondément réaliste.

Eternal Family (Studio 4°C)
A l’image du film Truman Show avec Jim Carrey, six personnes dont on a lavé le cerveau pour leur faire croire qu’elles sont de la même famille sont enfermées dans une pièce et font l’objet d’un show télévisé quotidien. Seulement, ces hommes et femmes ne sont pas vraiment normaux : le père est toujours avec une poupée gonflable, la mère est folle du ménage, la fille aînée est pyromane, le fils très violent, la petite ne parle que par l’intermédiaire de sa poupée et le bébé a toujours des ciseaux dans les mains…
Le célèbre Studio 4°C, dont vient la superbe adaptation d’Amer Béton sortie récemment, propose un nouvel anime du délirant Kôji Morimoto : connu pour ses clips psychédéliques, il réalise ici un petit film complètement barré, tant par ses personnages totalement fous que par sa construction débridée. Réalisé de manière traditionnelle, c’est une violente critique des médias et des shows télévisés et une histoire désopilante mais en même temps un peu troublante.



Pecola (2 épisodes) (Milky Cartoon)
Pecola est un jeune pingouin qui vit dans une petite ville peuplée d’animaux. Bien que ne pensant qu’à s’amuser, il cherche à venir en aide à tous ceux qu’il côtoie, même s’il s’y prend parfois très mal.
Entièrement réalisé en images de synthèse, avec un style volontairement très cubique et dépouillé, histoires simples et personnages attachants en font un programme que les enfants ne pourront qu’apprécier.



Pooky’s (Think Corporation)
Pooky est un fantôme très mignon et farceur qui peut se transformer en n’importe quoi. Avec son ami Gouchan et son chien Pooch, ils vont tenter de délivrer une gentille petite chienne prisonnière d’un directeur de cirque sadique.
Très bonne surprise du programme, cet anime en images de synthèse est vraiment désopilant. Dans ce monde de fantômes et de revenants coloré et joyeux, les personnages, bien que typiques, sont bien croqués et l’aventure entraînante. Un bon dessin animé pour toute la famille comme on aimerait en voir plus souvent.

Neko-Rhamen (Think Corporation)
Un homme entre dans un nouveau restaurant de Ramen et quelle n’est pas sa surprise de découvrir un chat comme cuisinier ! Celui-ci veut devenir le meilleur chef mais il a encore du chemin à faire.
Réalisés en flash, ces mini épisodes (2’30) sont en fait une succession de gags très rapide, rappelant les strips (mini histoires en 3 ou 4 cases) dont les Japonais raffolent (appelés chez eux yonkoma). Style très kitsch et humour grinçant sont les autres caractéristiques de cet anime plutôt destiné aux adultes.

Dragon Ball Z (Toei Animation)
Alors qu’il vit en paix avec son fils Son Gohan et sa femme Chichi, Son Goku est attaqué par un extraterrestre qui se révèle être de la même race que lui et même son frère, Raditz. Il va devoir l’affronter pour protéger la Terre.
Succès mondial sans précédent de la Toei, Dragon Ball Z est un anime que l’on ne présente plus. Basé sur la technique du cellulo, c’est un classique des années 90 dont le nombre d’épisodes imposa une animation parfois déficiente mais aussi un suspens haletant.



Black Jack (Tezuka Productions)
Black Jack, médecin mondialement reconnu bien qu’étant sans diplôme, se voit confié une nouvelle mission. Il est invité sur une île isolée pour étudier la Kimaira, une maladie mortelle propre à cet endroit. La tâche se révèle difficile, d’autant plus que son client est à un stade terminal.
Autre grand classique des années 90, cet épisode de Black Jack est tiré de la première série d’OAV créée d’après le manga de l’immense Osamu Tezuka. Le réalisateur n’est autre qu’Osamu Dezaki, autre grand nom connu pour Lady Oscar ou Cobra, qui magnifie ici son style pour accentuer les effets dramatiques et le côté sombre et renfermé du docteur Black Jack.

Genius Party (Intro, Deathtic 4, Baby Blue) (Studio 4°C)
Un être déguisé en oiseau cherche des têtes de terre pour les manger. Dans un monde de zombie, un jeune garçon cache une grenouille vivante tombée du ciel. Deux lycéens, un garçon et une fille, sèchent les cours avant que le garçon ne déménage le lendemain.
Film omnibus, Genius Party met en scène de talentueux réalisateurs qui ont chacun créé une séquence (pour celles qui ont été diffusées, dans l’ordre Atsuko Kukushima, Shinji Kimura et Shinichiro Watanabe) nous permettant de découvrir une grande variété d’idées, de créativité et de techniques (ici animation traditionnelle, images de synthèse et création par ordinateur). Au final, nous obtenons une séquence complètement folle, une histoire originale et très drôle ou un scénario classique mais aux sentiments à fleur de peau. En bref il y en a pour tous les goûts, tous les styles et toutes les sensibilités.

Amuri In Star Ocean (Studio Hibari)
Amuri serait une jeune fille comme les autres si elle n’avait pas un pouvoir spécial qui repousse contre son gré tout ce qu’il y a autour d’elle. Un jour, ce pouvoir s’emballe et, elle se retrouve à force de rebonds dans l’espace, entrant dans une sphère où se trouve une autre fille qui a le même problème qu’elle…
Bien qu’entièrement réalisé par ordinateur (un making of incrusté dans la vidéo nous a permis de découvrir les images brutes), le rendu de cet anime est magnifique et fait oublier son origine. Cela lui permet cependant d’être extrêmement fluide, au service d’une histoire drôle, originale et bourrée de clins d’œil. Une excellente découverte.


Paris, février 2008
Auteur
Fabrice Docher
Date
06/04/2008